Pourquoi réaliser un dépistage ?
La nicotine provoque une contraction des petites artères, ce qui diminue de façon importante l’afflux sanguin dans les tissus. L’influence de l’intoxication tabagique sur une intervention chirurgicale a été étudié par la Conférence d’experts sur le tabagisme péri-opératoire, synthèse des sociétés savantes suivantes : Association Française Chirurgie (AFC), Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR), Office Français de prévention du Tabagisme (OFT). Les conclusions des experts sont les suivantes :
- Augmentation du risque de mortalité, de complications infectieuses, coronariennes, respiratoires immédiates, du risque d’être transféré en réanimation.
- Augmentation du risque de complications chirurgicales lié aux effets néfastes sur la microcirculation : complications infectieuses de la cicatrice, mauvaise cicatrisation à l’interface lambeaux/site receveur en chirurgie plastique, risque de thrombose vasculaire.
- Le conseil d’une simple réduction de la quantité de tabac fumé n’est pas recommandé.
- Quand l’arrêt est maintenu en post-opératoire, il existe un bénéfice démontré sur la cicatrisation de la peau et des tissus mous.
- Le chirurgien doit expliquer le lien entre le résultat de l’acte chirurgical et la nécessité de l’arrêt du tabagisme. Il doit conseiller fermement l’arrêt du tabac. Il peut différer la date de l’acte chirurgical pour permettre l’arrêt du tabac, lorsque la pathologie sous-jacente le permet.
- Selon la conférence d’experts, le tabac doit être arrêté 6 à 8 semaines avant une intervention.
- L’arrêt du tabac doit être total pendant cette période. Il est vivement conseillé d’arrêter aussi le tabac le mois suivant l’intervention pour les raisons exposées ci-dessus. Le patient peut se faire aider dans cette démarche par son médecin traitant ou par un spécialiste (consultation de tabacologie). Il faut noter que l’utilisation de substituts nicotiniques est contre-indiquée avant l’intervention car c’est la nicotine qui influe sur la microcirculation.
Quelles sont les interventions concernées ?
Il s’agit d’interventions avec des anastomoses microchirurgicales, en dehors du cadre de l’urgence.
En quoi consiste le dépistage de la cotininurie ?
Le dosage est effectué sur les urines. Il recherche la présence de cotinine (produit de dégradation de la nicotine). Le résultat est « positif », « négatif » ou « douteux ».
Quand sera réalisé le dépistage ?
Le patient aura été informé des modalités du dépistage au cours de la première consultation avec le chirurgien. Le dépistage sera effectué au cours de la consultation de chirurgie précédant l’intervention et la veille de l’intervention dans le service. De cette manière, le dépistage évaluera une partie de la période du mois précédant l’intervention.
Quelles sont les implications ?
- Si le résultat est positif (dérivés de la nicotine dans les urines), l’intervention sera définitivement annulée.
- Si le résultat est douteux ou négatif, l’intervention sera maintenue.
